Les entrepreneurs des diasporas francophones s'invitent au cœur de la République
Au Palais d'Iéna, sous les ors du CESE, la 3e édition de l'Excellence Entrepreneuriale des Diasporas Francophones a réuni diplomates, chefs d'entreprise et décideurs autour d'une conviction commune : les diasporas sont l'avenir économique de la francophonie.
- Ambassade Afrique
- 14/04/2026
Il y a quelque chose de symbolique dans le choix du lieu. Le Conseil Économique, Social et Environnemental. Cette assemblée où la France écoute sa société civile depuis près d’un siècle, a ouvert ses portes, ce jeudi 9 avril 2026, à des visages que l’on y voit encore trop rarement : des entrepreneurs issus des diasporas francophones, venus de plusieurs continents, portant avec eux leurs réussites, leurs réseaux et une ambition collective.
Organisée par le Groupement du Patronat Francophone (GPF), structure fondée en 1987 qui fédère aujourd’hui quelque 60 associations patronales représentant près d’un million d’entreprises à travers l’espace francophone, la soirée n’était pas une simple remise de prix. C’était, selon ses organisateurs, la démonstration vivante d’une idée : que les diasporas ne sont pas des bénéficiaires passifs du développement économique, mais en sont les architectes.
Une scène politique et économique au complet
La qualité du plateau d’intervenants témoignait du sérieux de l’initiative. Thierry Beaudet, président du CESE, a pris la parole pour ouvrir l’événement dans son propre fief institutionnel. Un geste qui n’était pas qu’un protocole, mais une reconnaissance implicite du rôle économique des diasporas dans la société française. À ses côtés, Aurore Bergé, ministre chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, est intervenue, soulignant la dimension d’inclusion et de représentation qui irrigue le projet.
Amélia Lakrafi, Déléguée Générale de l’Assemblée Parlementaire de la Francophonie, a apporté la caution institutionnelle d’un espace linguistique partagé par plus de 300 millions de locuteurs. Et Amir Reza-Tofighi, président de la CPME (Confédération des petites et moyennes entreprises) a prononcé le mot du président du jury, ancrant ainsi l’événement dans le monde concret des PME qui font le tissu économique de la France.
Une Exposition Exceptionnelle : Une Première Mondiale sur les Billets de Banque
Dès 15 h 30, les participants ont pu découvrir une exposition inédite et spectaculaire, présentée par le Groupement du Patronat Francophone. Cette exposition de billets de banque, une première mondiale, rassemble des pièces monétaires couvrant plus de trois siècles, du XVIIIe siècle jusqu’au XXIe siècle.
À travers ces billets provenant de différentes époques et de nombreux territoires francophones, l’exposition met en perspective les liens économiques et historiques qui unissent les peuples de l’espace francophone. Ces pièces témoignent de l’évolution des économies, des échanges commerciaux et des dynamiques qui ont contribué au développement de la francophonie au fil des siècles. Accessible tout au long de l’événement, cette mise en scène élégante et symbolique a parfaitement incarné l’esprit de la journée : célébrer un passé commun pour mieux construire un avenir prospère.
Culture, gastronomie et performance économique dans la Francophonie
La soirée s’est articulée autour de deux tables rondes complémentaires. La première, animée par Nacer Kettane, président de la radio Beur FM, a exploré comment la culture et la gastronomie s’imposent comme vecteurs du dialogue francophone. Autour de la table : un coordinateur de l’agri-écologie, une fondatrice de compagnie artistique, un chef pâtissier de talent et un danseur classique, un panel délibérément hétéroclite, à l’image de la diversité que le GPF entend célébrer.
La seconde table ronde, modérée par Robert Anthony, fondateur d’AntCo by Côme Family Office, s’est penchée sur une question plus directement économique : l’espace francophone constitue-t-il un atout compétitif à l’échelle mondiale ? Conrad Gbaguidi, président du Conseil Économique et Social du Bénin, Barbara Borsotto, CEO italo-ligurienne présente dans le secteur de la mode, et Raoul Delamare, président de la Chambre de Commerce Franco-Arabe, ont croisé leurs expériences. Mais c’est peut-être la présence d’Allison Pineau, handballeuse internationale, qui a le mieux symbolisé l’ambition du GPF : montrer que le sport de haut niveau, la performance et l’entrepreneuriat partagent les mêmes valeurs de dépassement.
Remise des Trophées : Quatre Parcours d’Exception Récompensés
Le clou de la soirée a été la remise des quatre trophées de l’Excellence Entrepreneuriale. Le jury, présidé par Amir Reza-Tofighi (président de la CPME), a distingué des entrepreneurs issus des diasporas dans quatre domaines stratégiques : l’écologie et le développement durable, les industries culturelles et créatives, la gastronomie, ainsi que le leadership féminin. Chaque lauréat incarnait cette idée simple mais puissante : les diasporas ne fuient pas leur pays d’origine, elles y reviennent avec des idées, des capitaux et des réseaux.
Un Cocktail pour Prolonger les Échanges
À partir de 20 h, le cocktail a permis de prolonger les discussions dans une atmosphère plus détendue mais tout aussi électrique. On y croisait investisseurs, ambassadeurs, dirigeants de fonds et jeunes talents prêts à lancer leurs prochains projets.
Pour le GPF, cet événement s’inscrit dans une stratégie plus large : digitalisation des PME, internationalisation, inclusion des femmes et transition écologique. Dans un monde où les frontières économiques se redessinent sans cesse, la francophonie, souvent perçue comme un simple héritage culturel, se révèle être un atout stratégique du XXIe siècle.
Le message est clair : les diasporas ne sont plus seulement des communautés en exil. Elles sont devenues des acteurs incontournables de la croissance mondiale. Et le 9 avril 2026 au CESE restera, pour beaucoup, comme le jour où Paris a officiellement reconnu cette nouvelle réalité.


